BIBLIOTHÈQUE DE COMBAT : un avertissement

Digital CameraSouvent – et nous aimerions que ça arrive plus fréquemment encore -, un livre particulier enclenche en nous des mouvements inédits, comme une connexion que nous n’avions pas encore repérée mais qui nous semble après coup avoir toujours attendu que nous tombions sur elle, comme le silex entrant en collision avec son jumeau accouche d’une étincelle. Souvent, un livre particulier nous permet d’entendre et de voir le monde et son locataire, l’homo sapiens sapiens sapiens, sous des perspectives insensées, comme de l’intérieur et de très loin à la fois. C’est ce livre particulier, roman, comic book, collection de poèmes, correspondances ou mille autres choses, qui va nous rendre instantanément plus forts et plus perspicaces. C’est lui qui nous donnera la puissance et l’aspiration à livrer notre vision du monde sur le plateau – ou en interview. Ce livre, quel qu’il soit, nous allons vous le faire partager, nous allons l’ouvrir avec vous. Çà et là, nous posterons les couvertures et même des samples de quelques-uns des ouvrages qui nous ont fait vivre et traverser, sur scène ou en coulisses, des situations et des sensations inouïes. C’est notre BIBLIOTHÈQUE PORTATIVE DE SURVIE !
Nomade donc transplantable à merci, cette bibliothèque nous accompagne lors de nos tournées, stages, ateliers, elle sert de plate-forme théorique à toutes nos répétitions. Outre d’innombrables pièces de théâtre, notre « BPS » recense des centaines de livres, récits, essais critiques, ethnologiques, philosophiques, recueil de haïkus, biographies, contes, bandes-dessinées… Loin de se circonscrire aux seuls arts de la scène et de la piste, elle s’étend dans toutes les directions de la pensée humaine, afin de subvenir à nos dramaturgies.

Nous livrerons ici, de manière sporadique mais acharnée, un échantillonnage de hasard de notre artillerie littéraire. Compulsez !

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BPS – Extrait #Ω : VILLA VORTEX

vvAlors, constat : sous la lumière éblouissante de la ville, la nuit s’était glissée.

Le dieu-ombre dont m’avait parlé Wolfmann et dont témoignait Le Livre des splendeurs était, semble-t-il, sur le point de se réveiller d’un très long sommeil.

Désormais je n’avais plus qu’à laisser agir en moi la glace qui prenait possession de mon esprit.

Quelque chose s’était dissous.

La grande lumière monodésique des premiers et purs instants se voyait désormais divisée, et rendue au régime général de l’existence.

Un rat me rongeait le cerveau. Un rat féroce, et sans la moindre pitié pour mes neurones.

Ce rat ne connaissait pas le repos, il ne connaissait que la faim. Il rongeait alors mes cellules et dans le même mouvement mes cellules le brûlaient de l’intérieur.

Ce rat demandait impérieusement que je mette un terme à ces espèces de vacances indéfiniment prolongées que j’appelais mon existence, à mon apitoiement sur moi-même et à toute forme de vie qui ne combattrait pas la nuit sur son terrain.

Toutes ces journuits sans plus la moindre discontinuité avaient formé une bulle située hors du continuum social, telle une ligne de coupe dans la trame même de l’univers, elles avaient permis à mon être de se voir relié sans médiation à tous les points de l’espace, à toutes les lignes du temps.

BPS – Extrait #15 : Le Peuple du Blues

Le Peuple du Blues

BPS – Extrait #14 : Les INVISIBLES

Les Invisibles

BPS – Extrait #13 : L’Art de la guerre

L'Art de la Guerre

BPS – Extrait #12 : Journal d’un génie

Journal d'un génie

BPS – Extrait #11 : La Monnaie vivante

La Monnaie Vivante

BPS – Extrait #10 : Le Livre des Violences

Le Livre des Violences